A bride abattue.

Sans retenue, très vite.

Très vite et sans retenue, octembre en deux pleines lunes. Cœurs de cycle au début et au terme. Comme ça, précis et net, une lune pleine le 1er, une pleine lune le 31. Et comme calés en décalé sur ces cycles qui veulent tout dire, nous entamons notre première révolution, mobile, mouvants, meubles dans ces terres nouvieilles, véritables et fantasmées, pour poser le pied à la nouvelle lune, sur le terrain des futurs possibles. Et quand nous seront dans la nuit noire, au bord du fleuve et des lieux communs, où aucune lune ne saura nous éclairer, nous inventerons dans la durée intermédiaire, les traits entre les points, pour consteller l’année qui vient. Nous tracerons les cartes dans la vase et la glaise pour les suivre, yeux clos, oreilles sourdes, à bride abattue, comme sous terre, avec les mains, avec les doigts, dans le noir. Dans les caves, suivant les fleuves, au cœur des igues et des falaises, marquant aux côtés des traces anciennes, nos dates, nos durées, nos actes, dans la grotte des brigands, comme le raconte l’histoire d’enfants. Nous creuserons encore les tunnels sous les falaises, en courant fous, sur les rails rouillés, couverts de lichens et de poussière, nous ferons sonner le fer et nos corps en chasse de la lumière. Hurlants au soleil, nous laisserons les traces de nos pas contre les parois des rivières, dans les gouffres et les ruines de tous les temps que portent ces vallées creuses.

A bride abattue en ce début d’année absurde, suivant ce temps vacant puis trop plein, nous repartons au galop à travers les chênes et sur les monts calcaires du Quercy, pour chanter, danser et dormir sous la pluie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Octobre

Une vague de mutilations d’animaux secoue la France. Dans la plupart des cas, ce sont des chevaux qui sont visés. Les faits remontent à février 2020, mais quelques cas plus isolés avaient déjà été découverts depuis 2014. Ce phénomène n’est pas uniquement français, il y eu des séries principalement au Royaume-Uni, en Belgique, mais jamais aucun coupable ne fut arrêté et les séries cessèrent brusquement sans plus d’explications.

Dans une vingtaine de cas, les animaux sont retrouvés morts, avec des mutilations (lacérations à l’arme blanche) et souvent des organes manquants, oreille coupée, parties génitale enlevées, énuclée… On peut recenser plus de 150 cas d’agressions ou de meurtres depuis février 2020, dont une cinquantaine officielle, lorsque les propriétaires ont porté plainte. 
La violence et la cruauté des attaques relèvent de l’incompréhensible. Aucune raison logique et ne peut expliquer leur gratuité. Les pistes de rites sataniques ou de sectes sont souvent évoquées, mais aucune preuve ne permet de pencher en ce sens plus particulièrement. L’idée d’un défi sur les réseaux sociaux a également été proposée, mais idem, aucune preuve.

Les attaques peuvent se ressembler, mais il n'y a pas de modus operandi identique. Cela ressemble plus à une consigne appliquée à chaque fois, avec des variantes. Lorsque l’animal est tué, aucune technique n’est privilégiée, strangulation, égorgement, crise cardiaque… Les mutilations elles-mêmes sont proches, mais jamais analogues, toutefois on remarque certains parallèles, l’oreille coupée (souvent la droite), les lacérations à l’arme blanche, les parties génitales tranchées ou lacérées.

Ces « crimes », dérangent et excitent. Cruels et gratuit, mais ne touchant que des animaux, il n'y a pas « mort d’hommes ». La gravité et les dangers que représentent ces actes sont à géométrie variable. L’aspect presque ésotérique, donne une impression de folie, d’excès poisseux, de violence gratuite. La mort est présentée en spectacle, les animaux sont laissés sur place pour être vus, leurs mutilations sont des présentations, des démonstrations. Ceux qui font cela obligent à regarder l’horreur. Il y a une odeur de peur profonde, du danger rodant la nuit, contre laquelle on ne peut pas se défendre et encore moins défendre ses bêtes. Les réactions face à ses mutilations tendent aux déchaînement de vengeances justifiées, une espèce de départ en guerre contre les force du mal. Les réseaux sociaux regorgent de déclarations brutales et excessives face à ce problème qui semble insoluble, sans une réponse par la même violence. C’est une chasse aux sorcières qui se prépare, une chasse aux loups.