Tu me vois lĂ  assis seul, le coeur sans rĂŞve, et pas un amour Ă  moi.

La lune bleue, c’est ici. Celle là, encore pleine. Pleine, pleine de trucs.

La lune bleue est un roman à venir, une dystopie à la K-Dick, une dystopie inversée. Pas vraiment une utopie. Un truc en « si » , aigu, tendu, cinglant, possiblement pénétrant. Un monde inversé c’est celui où, laissons courir les affres désarticulés des mouvements, les hippies n’auraient pas étés systématiquement harcelés par la police, les paysans auraient bossé tranquille sans être systématiquement pillés, démunis, frappés, incarcérés; les ouvriers, les artistes, les économistes, les scientifiques auraient bus ensembles et aucun d’eux, aucun de ceux qui auraient réfléchi en dehors d’une « production de biens représenté par un objet consommable » n’aurait eu la justice et des tas d’autres institutions convenues sur son dos, à coup de matraques et de procès truqués, un monde ou Angela Davis n’aurait jamais été condamnée mais au contraire, plus qu’écoutée, entendue, un monde ou des chimistes ne se seraient pas vendus aux grandes entreprises pharmaceutiques et un monde où un troupeau gris vorace vomissant en permanence leurs propres frustrations comme s’il s’agissait d’incontournables lois, un monde où ce troupeau de religieux, d’économistes à la noix, de Darwinistes en mal de sensations, de bourgeois et d’industriels ne se seraient pas acquis police, états, juridictions et législations, mais au contraire, se seraient dit: “ ah ouais, c’est possible? “ C’est possible de piger que l’évolution technologique dans des domaines aussi divers que le langage ou la biologie, l’énergie ou l’organisation sociale, l’architecture ou la politique ne s’accompagne pas de son appropriation systématique par un petit groupe, un monde où « vendre » ne voudrait rien dire d’autre que séduire à la cool, comme on frime, comme on chante, comme on tortille du cul ou comme on fait passer une idée.

Bien sûr, c’est un roman et dans ce roman, on aime les gugusses qui font eux même leur poires, leurs bières, leurs chèvres et qui aiment ça. Dans ce monde tout à l’envers la science à été écoutée, et comme il a été démontré dans les années 70 que tout se tient, tout est dépendant, lié, contraint par des ensembles et bien, mais c’est une fiction, les darwinistes auraient dit: “ ah oui, donc c’est plus complexe que ça, la machine et l’industrie ”, okééééé. Voilà ce qu’ils auraient dit. D’ailleurs dans ce roman il n’y a pas de gouvernements. Les chasseurs mangent ce qu’ils tuent. Personne ne t’en veux de prendre du plaisir, de baiser, d’aimer, de te tordre le cerveaux avec des plantes rigolotes. Dans ce monde inversé, personne ne se soumet toute une vie au service de choses sur lesquelles il ne « peut » rien, personne ne se bousille le dos, les poumons, le cerveaux ou quelque artère que ce soit pour un truc qui causera du tort. En fait, dans ce monde inversé, il y a une loi : tant que tu ne fais de tort à personne, ni à quoi que ce soit, tout roule. Dans ce roman, les seules victimes le sont d’accidents ou d’intempéries. Dans ce roman le drame fume entre les jambes, entre les seins, entre les dents comme un paysage qui craque, plein de beau, plein de wah, plein de ici, maintenant.

Et maintenant je ne suis plus seul, soudainement est apparu devant moi la seule personne que j’ai jamais voulu porter. Quelqu’un m’a soufflé « adore moi » et maintenant que je regarde, la lune a tourné dorée.

Chambre magmatique

Blop, blop, blop-blop Au commencement Ă©tait le blop Puis il y eu des schwits Schwit, schwit, schwit, schhhhhhwiit Schwit, schwit, schwit, blop, schwiiiiitt

Premier degré ! - Quand un cœur s'étend Sur ce petit lot de terre Que l'on appel « mère » ou bien « vaisseau » Porté par quelques voiles déchirées Vers le centre de la Terre Pour y trouver des dinosaures encore rutilant Des quetzalcóatls Des vibrisses affairées Remontant les cheminées fumantes Quand un cœur s'étend Fondu de roche en fusion Geysers et chrysalides Et tel un coléoptère élémentaire Ce petit cœur se rend Se brûler les ailes en haut Tout en haut De la chambre magmatique

Deuxième degré ! - Et les roches l'appelle

Troisième degré ! – Devant le mur des siècles les étoiles brillent Et la lave monte le long de la muraille Bientôt l'on en lira plus les lignes Les bas reliefs on le regard qui rougeoient Ils suivent des yeux le petit corps calciné porté par la monté de magma Comme sur une foule bras tendu Vers le ciel étoilé Où, grave, les astres dévisagent sont masque mortuaire

Quatrième degré ! – La caldera lui ouvre ses bras Fraîcheur de la nuit Chaleur de la Terre Même Satan observe le spectacle avec intérêt La lave lèche les bords du volcan

Cinquième degré ! – La lave à faim Fini d'attendre Fini l'espoir d'un temps lointain

Sixième degré ! - L'air n’en fini plus de fumée Trente-sixième degré ! – Mille et une fumerolles Quatre cent cinquante et unième degré ! Même l'histoire fond jusqu’au… Cinque millième degré ! Éruption !!!